Une tribune de Jean-Pierre POINT

💡[A force de crier au loup…]

Le cinéma a toujours été un laboratoire de nos vies, de notre passé et de nos futurs. Le nombre important de films sur des pandémies a fait le succès de nombreux réalisateurs et régulièrement des fictions se nourrissent du sujet avec un réalisme impressionnant.
Mais voilĂ , nous ne sommes plus aujourd’hui dans un film, plus dans une fiction, mais bel et bien dans une dure rĂ©alitĂ©. D’autant plus dure, que pour la première fois depuis son invention, le cinĂ©ma a Ă©tĂ© terrassĂ© par ….un tout petit virus. Aucune guerre, aucune tragĂ©die n’avait jusque lĂ  fait plier toute une industrie qui s’était si souvent servie de ce scĂ©nario.
Les tournages arrêtés, les films prévus reportés à l’automne, au minimum et toutes les salles fermées jusqu’à nouvel ordre. Une réouverture incertaine et dans des conditions non définies à ce jour, mais forcément compliquées.
Le cinéma est le loisir préféré des français, les chiffres de fréquentation le démontrent d’année en année et ce, contre toute attente, en raison de toutes les offres alternatives, renforcées encore plus en cette période de confinement. A ce jour donc rien n’a pu remplacer la communion de tout un public dans une salle de cinéma, rire ou pleurer, débattre et s’enflammer, mais ensemble. Si les frères Lumière, inventeurs reconnus du cinéma pouvaient voir aujourd’hui la vitalité de cette invention à laquelle ils n’entrevoyaient aucun avenir, ils en seraient les premiers surpris et fiers.
Mais au bout de longs mois de confinement et de fermeture des salles, quel avenir nous attend réellement ?
J’ai toujours considéré la salle de cinéma comme un lieu d’utilité publique et encore plus dans les périodes d’incertitude ou de crise. Un lieu de divertissement bien sûr, mais aussi et surtout, un lieu de rencontre et de connaissance. Un regard et une ouverture sur le monde et l’état de nos civilisations.
Apprendre donc, en justification de la fermeture des salles, que le cinéma n’était pas essentiel à nos existences fut un choc assez violent et une déception sans fond.

En attendant des jours plus heureux, prenez bien soin de vous et j’espère qu’à nous tous nous démontrerons que le cinéma et son écrin, la salle, sont essentiels à nos vies d’êtres humains.

Jean Pierre POINT